lundi 14 septembre 2015

La revenante.

 (OUI OUI OUI)

Tenir un blog, c'est une habitude que j'ai depuis un peu plus de dix ans (le temps passe hein). Je n'ai jamais réussi à être très régulière, mais pendant toute cette période, j'ai toujours eu un petit coin sur la toile où je postais. Mais cette année, j'ai enregistré la plus longue pause : à peu près dix mois sans rien poster, sans rien lire... Bref, j'avais complètement délaissé la blogosphère. Non pas parce que ça ne m'intéressait plus mais je pensais ne plus avoir quoi que ce soit à raconter. Je me suis rendue compte que je me voilais pas mal la face, peu importe le sujet de l'article. Je me rappelle de ces posts sur le bonheur, où j'avais fait de la phrase "il faut savoir se contenter de ce que l'on a" mon motto. De ces petits bouts de quotidien qui n'étaient que la partie sympa de l'iceberg, cachant ce qu'il en était vraiment. Et puis j'ai décidé que je ne pouvais plus me mentir. Je ne pouvais pas continuer de faire croire que tout allait bien dans le meilleur des mondes, parce que ce n'était absolument pas le cas.

Alors j'ai fait le ménage, dans ma vie, par ici aussi. J'ai pris un nouveau départ et aujourd'hui je peux le dire : je suis parfaitement heureuse. Et ça fait du bien de le ressentir vraiment, pour une fois.

(les loulous sont toujours là, et on va bien merci ♥)

2015 n'est pas terminée, mais elle est indubitablement l'année du changement. Et moi qui y suis d'ordinaire plutôt hostile, après ces quelques mois, je peux dire que le changement, ça a du bon.

Ça a commencé en mars. J'ai mis fin à une histoire longue de plus de neuf ans. Je n'arrive même pas à considérer que c'était une histoire d'amour, puisque, avec le recul, je me suis rendue compte que je n'avais pas éprouvé de sentiments amoureux pendant tout ce temps. J'étais attachée, certes, mais pas amoureuse. Mais étant donné que c'était le premier, que j'avais quinze ans au début et que je n'y connaissais rien à ce qu'était censée être une histoire d'amour (une vraie),  j'imagine que ce n'est pas si choquant d'être restée si longtemps auprès d'une personne que je n'aimais finalement pas. J'ai prononcé ces mots pourtant, ne comprenant apparemment pas ce que cela signifiait. Je croyais que c'était comme ça qu'on devait s'aimer. Que c'était pas grave d'être ignorée quand je pleurais ou de s'insulter quand on s'engueulait. Je croyais que je devais faire avec son absence de soutien et de maturité, que, de toute façon, je ne pouvais pas le changer. Je croyais que c'était normal d'avoir besoin de savoir si je plaisais toujours aux autres au point de m'emballer dès que quelqu'un daigne me montrer de l'intérêt. Je croyais que c'était normal de faire nos vies chacun de notre côté, parce qu'il faut bien que chacun ait son indépendance. Je m'étais convaincue de tas d'autres choses, parce que c'était difficile de me dire que je m'étais trompée pendant tout ce temps. C'était difficile d'admettre que c'était du temps perdu. Qu'il fallait bien les justifier toutes ces années.

Mais quand je me suis rendue compte que j'avais fait le grand écart entre qui j'étais vraiment et celle que j'étais devenue, les doutes et les questions m'ont assaillie. Plus jeune, je rêvais d'un mariage de princesse et je voulais avoir des enfants avant mes trente ans. Mais tout avait changé au fur et à mesure que la relation prenait de l'âge et me convenait de moins en moins. Je m'étais persuadée que je ne voulais ni de mariage ni d'enfants. Je ne voulais pas avoir le concours trop vite, parce que je n'aurais plus eu d'excuse pour refuser qu'on aille plus loin dans la construction de notre vie. Tant que je n'étais pas stable professionnellement, je ne risquais rien. Les doutes, les questions, ça a duré de longs mois. A la fin, je ne mangeais plus, je dormais mal et lui et moi vivions comme des colocataires. Je l'admets, j'ai laissé volontairement pourrir cette relation, parce que j'étais fatiguée d'essayer de la sauver mais surtout parce que je n'en voulais plus.

Quand j'ai pris la décision de partir, ça a été la course. Il fallait visiter des appartements, faire le dossier pour la CAF, faire les cartons, prendre un contrat d'assurance, d'électricité, faire le changement d'adresse auprès de la Poste, déménager ma ligne Internet, etc. A côté de ça, j'avais mon boulot de surveillante au collège 21h /semaine, auquel s'ajoutait un boulot provisoire de prof d'anglais et donc de préparation de cours (je remplaçais une prof de mon collège pendant deux vendredi entiers)(bien sûr que c'était pendant la même période, sinon c'est pas drôle). Et par-dessus tout ça, il fallait continuer de bosser le CRPE. Tout en continuant de vivre sous le même toit, parce que je n'avais pas trop trop le choix.

 
(des petits bouts de mon chez moi, en haut des mes trois étages)

Malgré tout, je me sentais bien mieux. Je me suis sentie délestée d'un poids énorme et de nouvelles perspectives se sont ouvertes à moi. Je prenais un pied intégral à gérer tous ces évènements toute seule, comme une grande. Je m'énumérais tout ce que je n'allais plus devoir subir et je rêvais à mon futur petit appartement, à ma vie sans lui, et j'avais un énorme sourire qui se dessinait sur mon visage. Oui, j'ai été soulagée et heureuse de partir. Je ne pouvais pas continuer à éprouver de la pitié envers quelqu'un qui n'en avait jamais éprouvé envers moi. Alors oui, je suis la méchante dans l'histoire, je suis celle qui est partie. Mais j'ai été prête tout de suite à passer à autre chose parce que cela faisait des années que j'avais fait le deuil. Tout mon être, mais aussi mon cœur, étaient prêts à aller de l'avant.




La vie a repris son cours petit à petit. Je me suis rapidement faite à ce nouveau rythme, à ce nouveau cocon, à ma vie de petite meuf indépendante. J'avais toujours envié les filles qui vivaient ou avaient vécu ce moment. On me répondait que c'était plutôt cool (mais elles se rattrapaient en disant que j'avais quand même de la chance parce que bon, c'est pesant de vivre seule). La solitude, ce n'était pas vraiment ce que je cherchais, je l'avais assez connue finalement. Mais quitte à me sentir seule, je voulais l'être vraiment. Mais les jours puis les semaines ont passé, et depuis presque six mois, même si j'habite toujours seule en haut de ma tour, mon cœur ne s'est plus jamais senti seul lui ♥ (mais ça, on en reparle plus tard).


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2 commentaires:

  1. Et bien quelle histoire! Ca a pas du être facile! Contente de voir que tu est heureuse maintenant! Du coup si tu te sens libérée, tu dois te sentir plus sereine pour le CRPE! J'espère que tu va réussir cette année! Je te le souhaite en tout cas!

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    1. Plus sereine, c'est bien le mot :) Merci en tous cas <3

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